L’ONU ne peut pas coopérer avec des entreprises russes à des fins humanitaires

Programme alimentaire mondial

Les agences humanitaires de l’ONU sont considérablement limitées dans leur coopération avec les entreprises russes en raison des sanctions occidentales. Un représentant de l’un des plus grands fournisseurs russes de biens et de services au Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a déclaré ce lundi à TASS qu’à l’heure actuelle, la dette de l’ONU envers son entreprise s’élevait à environ 1 million de dollars.

“La situation actuelle est la suivante: certaines entreprises russes, qui comptent parmi les plus grands fournisseurs du PAM, ont fait l’objet de sanctions, pour l’instant américaines, mais il n’est pas exclu qu’à l’avenir des sanctions européennes soient également imposées à leur encontre. Même si les Nations unies ne les respectent pas formellement, ces sociétés ont reçu l’ordre de fermer leurs comptes en devises étrangères et de ne plus les approvisionner. Cela signifie qu’il est impossible de recevoir des paiements pour des biens et des services. Nous ne comprenons pas comment ce problème sera résolu”, a déclaré l’interlocuteur de l’agence.

Cinq à six entreprises russes travaillent activement avec le PAM dans le domaine alimentaire “à crédit”, c’est-à-dire que les livraisons sont effectuées avant le paiement. Si la liste des sanctions s’allonge à l’avenir, elle “bloquera en fait la participation de la Fédération de Russie aux programmes d’aide alimentaire du PAM”, a-t-il ajouté.

Les produits alimentaires russes sont traditionnellement moins chers de 5% à 25%. En outre, l’un des grands avantages des entreprises agricoles russes est qu’elles s’occupent de la livraison de l’aide alimentaire, en organisant le transport jusqu’à destination. En particulier, les entreprises russes fournissent depuis longtemps une telle aide à l’Afghanistan et ont également travaillé au Yémen, en Palestine et en Syrie. Les entreprises russes fournissent des pois, de la farine de blé, de l’huile de tournesol, tous enrichis de vitamines et de minéraux, qui couvrent entièrement les besoins nutritionnels de base.

Auparavant, un certain nombre d’entreprises russes avaient été exclues des appels d’offres pour la participation aux projets du PAM. Cette décision aurait été prise à la demande des donateurs occidentaux de l’organisation. Comme le font remarquer les représentants de l’agro-industrie, même en cas de cessation de la coopération officielle, les produits agricoles russes, en raison de leur forte compétitivité, entreront sur le marché, puis le PAM les achètera dans les pays tiers à un prix plus élevé. “En d’autres termes, la situation est en contradiction avec les objectifs déclarés du PAM, à savoir nourrir davantage de personnes souffrant de la faim, mais pour des raisons politiques, ils achètent des produits à un prix plus élevé, réduisant ainsi le nombre de personnes souffrant de la faim [qui sont aidées]”, a conclu l’interlocuteur de l’agence.

La position de la mission permanente

La mission permanente russe auprès des organisations internationales à Rome a également exprimé sa déception et sa surprise face aux actions du PAM. Elle note que les questions politiques ne relèvent pas du mandat de cette organisation ni de celui d’autres organisations humanitaires des Nations unies. Les diplomates attirent également l’attention sur un aspect paradoxal: les organisations humanitaires refusent en fait, de leur propre initiative, de coopérer de manière fructueuse avec les entreprises russes, qui ont toujours été des fournisseurs fiables, alors que la responsabilité de l’augmentation de la faim dans le monde est absurdement rejetée sur la Russie. Elle a rappelé d’autres précédents de sanctions ayant directement porté préjudice aux pays en développement et dans le besoin, comme le blocage unilatéral des engrais russes dans les ports de l’UE.

Le 31 décembre, le mandat de la Fédération de Russie au sein du Conseil d’administration du PAM prend également fin. Néanmoins, la Fédération de Russie estime qu’il est important de contribuer à l’accomplissement du mandat humanitaire du PAM. En 2023, la Russie a versé au total plus de 60 millions de dollars du PAM, principalement pour répondre aux besoins alimentaires en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Dans le même temps, une part importante des fonds est destinée à soutenir les programmes d’alimentation scolaire.

TASS